Dans la nuit du 29 septembre 2026, le jury du 2e Concours international de composition jeune public de Besançon a sélectionné les propositions de Margaux Dauby, Julien Le Hérissier et Charles van Hemelryck. Félicitations à vous trois ! Et maintenant, découvrons leurs parcours…

Margaux Dauby

Margaux Dauby appartient à cette nouvelle génération d’artistes qui questionnent et remanient les codes de la musique classique. Compositrice sensible, désireuse de mettre sa pratique au service des autres, elle développe différents langages qui lui permettent de révéler dans toutes leur richesse et leur universalité les discours et les causes auxquelles elle souhaite donner voix. Son parcours est marqué par des collaborations avec des ensembles musicaux reconnus, tels que Spirito, l’Orchestre des Pays de Savoie et l’Orchestre National Auvergne-Rhône-Alpes. Ses différents projets l’ont mené dans des salles telles que la Philharmonie de Paris, la Salle Colonne, mais aussi le Théâtre National d’Arras et l’Auditorium-Orchestre National de Lyon, ainsi que dans des festivals innovants tels que Superspectives, le festival POTE on encore Présence Compositrices, pour lequel elle fut compositrice invitée sur l’édition 2025.
Jeune femme engagée, Margaux défend le travail des compositrices sans s’excuser d’en être une, et déploie dans ses propres œuvres une énergie authentique et brute qui entre en résonnance avec les enjeux sociaux et environnementaux de son temps. Elle s’associe régulièrement à d’autres artistes qui partagent son désir de réinventer leurs pratiques en dehors du concert classique traditionnel, tels que l’ensemble A Mer (CAN), l’ensemble Transfiguré (FRA), Résonance Féminine (FRA) ou encore le collectif Métamorphose (FRA), pour lequel elle compose ENTROPIA, œuvre atypique pour 23 instruments à cordes solistes, au sein de laquelle chaque interprète est acteur∙trice des bouleversements musicaux, spatiaux et physiques qui traversent la pièce, transformant alors le chaos initial en une véritable force collective.
Sur l’année 2026, Margaux est lauréate de la bourse de création « Rhizome », soutenue par le Rézo Musa, la DRAC Nouvelle Aquitaine et la SACEM, ce qui lui permet de travailler à l’élaboration du projet Oblique, en collaboration avec les Ateliers Misuk et l’Ensemble Les Surprises, qui intégrera notamment sa nouvelle création Patriarchal Poetry, inspirée du poème éponyme de Gertrude Stein. Elle reçoit également une commande de l’Université de Toronto, soutenue par la fondation DRG, dans le cadre du programme d’échange transculturel Canada – France : sa pièce UNSONG, pour ensemble à cordes, est conçue comme une lamentation, jetant la lumière sur la disparition du chant des baleines, et le silence assourdissant du monde vivant qui se meurt dans l’indifférence générale. L’œuvre, créée à Lyon en avril 2026, sera reprise lors de plusieurs concerts, à Toronto et à Paris.
Diplômée d’un master de composition musicale du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon, elle vit actuellement au Québec, où elle poursuit, en parallèle de sa carrière de compositrice, un doctorat en composition musicale et études de genre à l’Université McGill, sous la supervision de Melissa Hui et de Lisa Barg. Quand elle n’est pas occupée à la musique ni à la recherche, Margaux dévore tous les livres qui lui passent sous la main, se perd avec délice dans les musiques d’art contemporain et n’hésite pas à braver l’hiver québécois lors de longues sorties de course à pied, semi-marathon à la clef.
Julien Le Hérissier

Né à Auch en 1982, Julien Le Hérissier est diplômé en piano au CRR de Toulouse, en Accompagnement au CRR de Rueil-Malmaison en Écriture et Analyse au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris.
Menant de pair une carrière de compositeur et de chef de chant, l’art lyrique traverse son écriture par l’utilisation de la voix sous toutes ses formes dans tous les genres qu’il explore. Il crée en janvier 2012 son diptyque opéra Assassines sur des textes de René de Obaldia et Guy Foissy, puis, en février 2014, di maggio, pour soprano, baryton, chœur et orchestre. Son œuvre pour chœur comprend également Imprecacions, cantate en Gascon pour choeur et orgue. Il est finaliste du Prix Saint-Christophe du jeune compositeur en décembre 2014, avec le psaume Super Flumina Babylonis pour chœur a capella interprété par le chœur Les Métaboles, ainsi que finaliste du Concours Festyvocal avec tes monts – tes yeux – ton âme, création en novembre 2018 en l’église Saint-Pierre de Firminy par le New London Chamber Choir.
Il compose également plusieurs cycles de mélodies, dont sull’arte del Getzemani pour ténor, piano et harpe créé en février 2016, 3 mélodies sur des poèmes de Forrough Farrokhzad en 2020 et 4 Kafka Lieder créés en 2023.
Il arrange et compose des oeuvres pédagogiques, en musique de chambre, ainsi que deux opéras pour enfants pour les classes à horaire aménagé musique du Conservatoire de Mantes-la-Jolie: Bhaskaracharya (2012) et Aqqauluk et le grand Pingouin (2014) (Éditions A Cœur Joie), ainsi que Les Conquérants du Temps avec la maîtrise du Conservatoire de Limay, lauréat du Prix de l’enseignement Musical en 2017.
Il est récompensé en avril 2016 par le prix de la SACEM au concours d’oeuvres pédagogiques de Boulogne-Billancourt pour sa pièce Corps et Harpe pour harpe seule (Éditions Billaudot), imposée depuis dans des concours internationaux (Concours Géliot, Collegium 21).
L’Opéra Royal de Wallonie-Liège lui commande en 2018 l’adaptation de Don Quichotte en opéra jeune public participatif. C’est en collaboration avec la comédienne et auteure Julie Martigny qu’il crée deux contes musicaux: l’Île Indigo et Ondin et La Petite Sirène, avec la complicité du chef d’orchestre Christophe Mangou avec les orchestres nationaux du Capitole de Toulouse, d’Avignon-Provence, d’Île-de-France et l’Orchestre régional de Normandie.
En 2021, l’Orchestre Philharmonique de Monte Carlo lui confie la composition d’un conte musical pour le centenaire de la mort d’Albert 1er de Monaco. Ainsi sont créés deux poèmes symphoniques en janvier 2022 : Le Prince Navigateur et Suite Inuit, la légende de l’Ours Blanc. De nombreuses formations reprennent ses œuvres (Orchestre de pays de Savoie, Orchestre du Capitole de Toulouse, Orchestre de la Suisse Romande, Orchestre Philharmonique Royal de Liège, Orchestre d’Avignon…). En 2023 est créée sa fantaisie concertante pour violon, alto et orchestre d’harmonie The Island, commande du Toulouse Wind Orchestra, interprétée par Guillaume et Marie Chilemme.
La Suite Celtique, complément à la Suite Inuit, commande de l’Orchestre National des Pays de la Loire, est créée à Nantes et Angers en décembre 2025. À venir, Viva Verdi (commande de l’Orchestre National d’Île-de-France), création en mai-juin 2027 avec les filières voix des conservatoires d’Île-de-France. Ces deux dernières œuvres sont dirigées par Alizé Léhon.
Charles van Hemelryck

Le compositeur français Charles van Hemelryck (né en 1981) commence ses études supérieures à la Sorbonne, en philosophie, avant de se consacrer pleinement à la création musicale. Il poursuit sa formation au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon en étudiant la composition, l’écriture et la pédagogie musicale et obtient deux Masters. Une bourse Erasmus l’amène à l’Académie Sibelius d’Helsinki où son immersion dans la scène nordique élargit son horizon esthétique et nourrit durablement son langage. Son œuvre embrasse de nombreux genres — musique pour orchestre symphonique et orchestre d’harmonie, musique de chambre, pièces chorales et vocales — et a été interprétée en France, en Finlande, en Pologne, aux Pays-Bas, au Canada et en Islande. Elle a reçu le soutien de la Fondation Société Générale et de l’Association Beaumarchais-SACD, et a été distinguée dans plusieurs concours internationaux : festival VocalEspoo (Finlande, 2018), RED NOTE Festival (États-Unis, 2019), Hendrix College Choir Competition (États-Unis, 2019) et plus récemment le concours du Tampa Bay Symphony. Son concerto pour cor et orchestre symphonique Vers le Soleil, enregistré par Hervé Joulain et le Sinfonietta Riga, est paru sur toutes les plateformes et en CD le 8 mai 2026. Son œuvre What Good Shall I Do This Day?, pour orchestre d’harmonie, est publiée aux Éditions Robert Martin (2026).
La musique de Charles van Hemelryck puise son inspiration dans la poésie, les idées philosophiques et le rapport à la nature. Poète autant que musicien, il entretient avec le verbe une relation d’inspiration réciproque. Il développe un langage en recherche de simplicité, fondé sur la pulsation et la clarté des textures, cherchant un équilibre entre rigueur formelle et élans spontanés, entre contemplation et exaltation. La transe et la jubilation y côtoient la sérénité et le silence. Il assume volontiers son goût pour la musique populaire et son énergie.
Parallèlement à son activité de compositeur, il a enseigné la composition, l’écriture, l’analyse, l’orchestration et l’anthropologie de la musique au Conservatoire de Valence Romans Agglo, à l’Université de Bourgogne-Europe, ainsi qu’à l’École Supérieure de Musique de Bourgogne-Franche-Comté. Il est actuellement professeur de composition, d’écriture et d’orchestration au Conservatoire du Pays de Montbéliard.
Navigateur formé à l’École des Glénans, il pratique la voile depuis de nombreuses années — Manche, Atlantique, Méditerranée. La mer est pour lui un territoire intérieur autant qu’un horizon : elle est au coeur de Pélagie – ou l’appel du large.